Chapitre 1901
Mme Xavier nâa jamais été aussi heureuse pour un repas.
Elle a fait ce que le chef lui a dit et elle a travaillé au supermarché jusquâà sept heures du soir, où elle a enfin reçu
son titre-repas.
Bien quâelle ait déjà beaucoup mangé à midi, Mme Xavier a continué à manger jusquâà ce quâelle ait mangé à sa
faim, comme un chien affamé qui avait été enfermé pendant trois jours.
Elle sâest reposée sur son siège à la cantine pendant une demi-heure avant de pouvoir à peine se lever, les mains
sur la table.
Elle était aussi en forme après avoir mangé.
Mme Xavier sâest essuyé la bouche avec sa main et sâest frotté le ventre, satisfaite :
â
â Je ne savais pas que manger après le travail me rendrait si heureuse ! Je suis tellement satisfaite aujourdâhui !
Sur ce, la vieille dame regardait lâheure et, réalisant quâil était plus de huit heures, elle sâest dépêchée de
rentrer chez elle.
Elle avait toujours été égoïste, mais après toutes les épreuves quâelle avait traversées, elle a commencé. à se
soucier de ses enfants et de ses petits-enfants.
En pensant à son fils et à ses petits-enfants, Mme Xavier sâest précipitée vers la table et a demandé au cuisinier qui
sâapprêtait à quitter le travail :
-Excusez-moi, voulez-vous ces restes?
On la regardait et lui a dit, désemparée :
â Vous avez mangé un repas de trois personnes toute seule et vous nâêtes toujours pas rassasiée ?
Mme Xavier, un peu gênée, a ri :
Oui, je suis rassasiée, mais mes enfants ont encore faim, ils nâont pas mangé depuis deux jours et deux nuits.
On sâest étonné:
Vraiment ? Il y a encore des gens qui nâont pas dâargent pour manger?
Mme Xavier a dit maladroitement :
Ma famille a eu des accident, ma belle-fille a un cancer du sein en phase terminale et elle est en train de mourir,
mon fils a dépensé tout lâargent de la famille pour la soignerâ¦
En disant cela, Mme Xavier sâest soudain sentie très bien.
Elle a toujours méprisé Mireille, et si ce nâétait en raison de Mathieu, elle voulait battre Mireille à mort.
Ces derniers temps, Mireille lui a toujours désobéi, la forçant même à sortir pour travailler, et elle détestait de plus
en plus Mireille.
Alors, quand elle a dit que Mireille était en train de mourir dâun cancer du sein, elle sâest sentie satisfaite. Le
cuisinier a dit en se sentant désolé :
â
â
Cancer du sein en phase terminale, que Dieu vous bénisseâ¦
â Cest plus que ça !
Mme Xavier a poussé un long soupir:
Mon autre belle-fille est plus malheureuse!
On sâest empressé de demander:
â
â Que sâest-il passé ?
Mme Xavier a dit tristement:
Mon autre belle-fille souffre dâurémie, elle vit sous dialyse et en se rendant à lâhôpital il y a quelque temps, elle a eu
un accident de voiture et ses jambes ont été amputéesâ¦
On a été stupéfait:
â Est-ce que câest⦠Câest si grave?
Mme Xavier a dit sérieusement:
Cela pourrait être pire!
On a demandé:
â Quoi dâautre?
Mme Xavier a dit :
Elle a eu une autre attaque, elle ne peut même plus parler clairement !
En maudissant Lorraine, Mme Xavier se sentait encore plus satisfaite.