Dans les montagnes, Tsukinoko sâinspirait dâUchitaoshi Kusari pour mettre au point une nouvelle technique, se lassant rapidement des siennes.
Elle signe le Tigre et se concentre pour réaliser un dragon de foudre semblable à la technique de boue de Haruo.
Elle passait des journées entières à sâentraîner à manier ce dragon, qui nâavait pas encore de forme définie, essayant de le rendre le plus rapide et perçant possible. La technique était combinée à son aura, qui lui permettait alors de débusquer les ennemis en sentant leur présence par la perception, et ainsi guider le dragon, même les yeux fermés.
Mais la puissance de la Foudre était dure à contenir et Tsukinoko se prit plusieurs fois le contrecoup. Malgré le campement établi, elle sâendormait souvent sur place, épuisée, mais continuait sans relâche, motivée à réussir.
Au bout de deux semaines, Kakashi avait été envoyé par Haruo pour prendre de ses nouvelles.
De loin, il la regardait sâentraîner, même sâil nâétait pas rassuré de la voir se brûler plus dâune fois. Le soir même, elle finit les bras ballants, à bout de souffle. Incapable de les bouger davantage, elle sâeffondre dâépuisement.
Il sort de sa cachette pour constater son état avant de la coucher dans son sac de couchage. Les mêmes jours se répètent, Tsukinoko engloutit un énorme petit-déjeuner pour reprendre aussitôt.
Ce matin-là , alors quâelle lance sa technique, elle sent Kakashi planqué derrière un rocher. Elle avait deviné que Haruo avait dû lâenvoyer et lâignore alors. En fin de journée, elle arrive enfin à maîtriser son dragon de foudre et décide le tester en conditions réelles. Sans hésiter, elle ferme les yeux.
Le dragon fonce sur Kakashi, tranquillement en train de lire derrière son rocher. La technique est si rapide quâil ne la sent quâau dernier moment et lève les yeux. Il perd son souffle alors que le Dragon de foudre grésille juste devant son nez.
- Eh Kakashi ! crie-t-elle au loin. Tâen penses quoi ?!
Il reprend ses esprits et Tsukinoko dissipe sa technique. Parlant à toute vitesse, surexcitée, il finit tout de même par comprendre le principe de sa technique et lui propose de la tester contre les rochers pour en voir la puissance. Ils arrêtent enfin au milieu de la nuit et elle se laisse tomber sur les fesses, exténuée.
- Comment tu as nommé cette technique ? demande-t-il.
- Attention les yeux... Rairyûdan no Jutsu[1] ! Encore une spécialité du célèbre Dragon de Hanamaru ! lance-t-elle fièrement. Trop fort hein ? glousse-t-elle. Câest plutôt une adaptation de Uchitaoshi Kusari, sans mes sabres, je me suis inspirée de JÄ«jÄ« aussi, comme tu mâavais conseillé !
- Plutôt réussie comme adaptation.
Elle bondit sur ses pieds et range ses affaires en un clin dâÅil puis sâen va en courant pour descendre du plateau montagneux.
- Allez on rentre ! Je dois le montrer à JÄ«jÄ« ! se réjouit-elle. Il faut quâil... quâil-
Elle titube sur le chemin, et Kakashi hâte le pas pour la rattraper à temps alors quâelle sâévanouit de fatigue, et la ramène sur son dos à Hanamaru. Il la dépose chez elle à lâaube mais elle se réveille et lâoblige à lâamener à la pâtisserie à côté de la Résidence, sa préférée. Elle la dévalise alors que le pâtissier venait de finir sa première fournée.
- Viens Kakashi, on va réveiller les vieux ! glousse-t-elle. Jâai senti Ren il est enfin revenu du temple !
- Salue-le de ma part, jâai marché toute la nuit, je vais aller me reposer.
- Ah oui câest vrai... Merci pour ton aide !
Elle tente de lui faire un câlin comme remerciement mais serre le vide dans ses bras. Elle grimace, vexée, mais se réjouie quâil lâait aidée à finir sa technique et entre dans la Résidence pour prévenir aussitôt Haruo.
Courant jusque dans ses appartements, ce dernier était déjà levé et prenait son thé, encore en peignoir avec son journal. Elle se faufile à pas de loups pour lui faire la surprise mais ce dernier ricane alors quâelle pose un pied dans le salon.
- Tu es matinale Tsukinoko, sâamuse-t-il. Tu as réussi à mettre au point une nouvelle technique ?
Elle saute sur la banquette à côté de lui et sâaffale sur le ventre en dévorant ses gâteaux, comme chez elle.
- Oui ! Rairyûdan no Jutsu ! dit-elle fièrement la bouche pleine.
- Câest bien, tu dépasses petit à petit tes prédécesseurs, sourit-il. Câest la quatrième technique que tu mets au point, nâest-ce pas ?
- Ouais !
- On peut dire que tu es maître de la Foudre.
- Rien que ça, sâamuse-t-elle.
Elle souffle la fumée de sa pipe qui lui irrite les yeux, puis lui pique une pâtisserie en lui expliquant le résultat avant quâil nâaille se préparer.
- Attends, je te montre ! sâimpatiente-t-elle. Après je vais dormir pendant deux jours, je suis claquée.
- Jâai du travail aujourdâhui, une autre fois.
Elle se met à bouder mais il part sâhabiller, alors quâune domestique apporte du thé à Tsukinoko. Elle le sirote tranquillement en espérant quâil finisse par accepter de voir sa technique, mais il la salue quelques minutes plus tard et sâen va.
Sans faire de bruits, Tsukinoko se faufile dans la chambre de Ren qui dormait à poings fermés. Il avait de longs cheveux et une barbe mal rasée, nonchalant. Elle prend son élan pour sauter sur le lit en lâécrasant de tout son poids.
- Aïe ! hurle-t-il en se débattant. Dégage imbécile !
Elle explose de rire alors quâil essaye de sortir des couvertures pendant quâelle saute debout sur son lit comme un trampoline, lâempêchant de reprendre son équilibre.
Il finit par la tirer par les chevilles et elle sâécrase à côté de lui avant de se faire écraser la tête par un coussin. Elle se débat en suffoquant mais il ricane à son tour, content de la revoir, avant de grimacer.
- Dâoù tu sors ?! Tu schlingues la terre et le brûlé, va prendre une douche au lieu de me sauter dessus !
- Jâétais partie mâentraîner, jâai créé une nouvelle technique, dit-elle fièrement, je voulais la montrer à JÄ«jÄ« puis jâai senti que tâétais là alors je voulais venir te faire une surprise, ça fait longtemps, câétait comment le temple alors ? Ah Kakashi te passe le bonjour ! Et JÄ«jÄ« a dit que tâas eu des ennuis avec les autres ninjas qui se sont rebellés, câest vrai ? Comment-
- Tsuki.
- Ouais ?
- Tu me casses les oreilles, souffle-t-il en se roulant sous les draps. Va prendre une douche et laisse-moi finir ma nuit.
- Tu me racontes après ?
Lâessence de Ren était pleine de perturbations. Quelque chose de grave avait dû se passer au temple. Tsukinoko se rassoit sagement, puis il marmonne enfin.
- Tâes passée à la pâtisserie en bas ?
- Oui. Je tâai pris ceux que tâaimes bien.
Il pointe du doigt son placard, et elle sâempresse dây chiper des habits propres pour aller prendre une bonne douche. Avec un jogging bien trop grand et un t-shirt troué, elle se glisse dans le lit à côté de lui et sây endort aussitôt, épuisée. En début dâaprès-midi, tout en délicatesse comme un grand frère, Ren la réveille dâun coup de coussin derrière la tête.
Ils vont sâinstaller sur le balcon, Tsukinoko emmitouflée dans une couverture avec un thé et Ren avec ses cigarettes et les pâtisseries. Il lui expliqua alors la rébellion de la moitié du groupe, qui a mené à la mort de la plupart des membres, et que seul lui, le doyen du temple, et un ami auteur de la rébellion aient survécu.
Elle le réconforte comme elle peut puis ils se racontèrent leurs vies depuis le temps, et passèrent la journée à glander et jouer au shôgi. Ils allèrent dîner avec Hina le soir, puis Tsukinoko fût rappelée dès le lendemain pour reprendre son poste de garde auprès du Chef.
Quelques semaines plus tard, Tsukinoko se changeait après sa journée dans les vestiaires de la Colonie. Elle portait un pantalon large à taille haute noir avec un t-shirt blanc et son haori bleu, et ses cheveux lâchés. Au bout dâune minute dâattente dans la rue, elle se rend compte quâelle a oublié son porte-monnaie dans son casier et fonce le récupérer.
En arrivant dans les vestiaires, elle tombe sur Kakashi qui était parti sâentraîner avec des membres de lâescouade. Torse-nu et de dos, en train de sâessuyer le visage, Tsukinoko écarquille les yeux avant de rougir légèrement. Son dos et ses épaules étaient remplis de cicatrices en tous genres. Elle lâche un souffle dâeffroi derrière lui et il se retourne à moitié, nonchalant.
- Quâest-ce que tu veux ? demande-t-il en enfilant son haut.
- Câest horrible... sâattriste-t-elle. Tâas tellement de cicatrices !
- Câest rien, ça fait partie du métier.
- Bah quand même !
Elle sâapproche pour tripoter les cicatrices dans son dos mais il lâévite et finit de se rhabiller dans son coin.
- Tu devrais faire attention quand même, ou mieux te soigner ! sâagace-t-elle. Je me blesse souvent mais jâai pas de cicatrices moi. Regarde !
Elle enlève à moitié son haori et lui montre son bras en pointant du doigt les endroits où elle sâétait blessée après la mutinerie à la prison il y a quelques années.
- Oui, je mâen rappelle. Mais câest une perte de temps de prêter plus dâattention quâil nâen faut. Lorsque la blessure est guérie, le corps prend le relais pour finir la cicatrisation, même si ce nâest pas parfait.
- Mâouais... boude-t-elle. En fait, peu importe si la cicatrice est toujours visible ou non, le plus important câest de cicatriser à lâintérieur, sourit-elle en pointant son cÅur.
- Comment ça ?
- Si tu es cicatrisé à l'intérieur, dans ton esprit, ton cÅur, alors ces cicatrices sur ton corps ça devient une leçon, un souvenir qui motive, et plus un fardeau.
Il la regarde une seconde puis referme son casier, mais elle se sent gênée devant lui. Kakashi avait bien changé depuis leur première rencontre.
Plus grand, plus imposant. Tsukinoko aurait du mal à lui tenir tête maintenant, plus petite quâavant face à lui. Elle observe curieusement la longue cicatrice sur son Åil, celui qui avait possédé le Negin, puis tend la main et effleure sa pommette du bout des doigts.
- Câest celle-là qui te fait encore mal ?
Elle ressent tout à coup beaucoup de tristesse même sâil ne dit toujours rien. Il se dirige vers la sortie et elle le suit.
- Tu as fini ta journée depuis un moment, pourquoi tu es toujours ici ? demande-t-il.
- Jâattends Hina, on devait aller au restaurant, mais jâavais oublié mon porte-monnaie donc je suis redescendue. Tiens, ça te dit quâon y aille ensemble ? Tant pis pour elle ! rigole-t-elle.
- Non merci.
- Allez... insiste-t-elle. Sâil-te-plaît Boss ! Kakashi !
Stolen content warning: this tale belongs on Royal Road. Report any occurrences elsewhere.
Il soupire et sâen va mais elle sâarrange pour le coincer jusquâau barbecue de grillades. Maï y attendait les filles et il se réjouit en voyant Kakashi et lâinstalle à lâintérieur, de gré ou de force. Ils dînent ensemble puis Hina les rejoint dans la soirée, retenue pour discuter avec Haruo.
Alors que vingt-trois heures approchent, Tsukinoko se met à crier et ils se précipitent pour partir en embarquant Kakashi, perdu. Ils arrivent sur le camphrier de Tsukinoko et grimpent sur les branches, jusquâà la cime, puis Kakashi demande enfin ce quâils font là . Hina explique alors quâils avaient promis à Tsukinoko de venir admirer avec elle lâéclipse lunaire prévue ce soir.
- Ohé ! crie quelquâun en bas.
Takeshi, Mikio et Ren les rejoignent et commencent à discuter mais Tsukinoko les fait taire aussitôt alors que le spectacle démarre.
Le ciel sâassombrit et ils sont tous émerveillés puis une pensée traverse lâesprit de Kakashi. Il repense à Tsukinoko et son prénom, lorsquâelle lui avait fait part de ses origines, et ses yeux se tournent vers elle.
Ce prénom signifiait littéralement l'Enfant de la Lune.
Son père lâavait choisi, selon lui, en s'inspirant de la beauté et des vertus hypnotiques de l'astre, de la sagesse qu'elle symbolise, prédisant pour son unique enfant de grandes capacités et de grands projets à accomplir. La faible lumière de la lune masquée illuminait le visage de Tsukinoko, avec ses cheveux lâchés qui se balançaient au vent.
Elle sent son regard au bout de quelques secondes et rigole doucement en lui attrapant le menton pour le guider vers le spectacle. Mais il ne peut sâempêcher de se retourner encore vers elle, avant dâêtre prit dâune grosse fièvre subitement, qui sâestompe après quelques minutes.
Lâéclipse finit et les discussions reprennent entre la bande, qui décide dâaller au bar dansant mais Kakashi décline lâinvitation. Tsukinoko se sent triste de le laisser seul et tente alors quâil restait là assis sur la branche.
- Eh Boss, tâes sûr que tu viens pas ? Tu vas pas rester encore tout seul ? boude-t-elle.
- Je vais rentrer.
Takeshi lâappelle au loin et elle disparaît alors. Arrivés au bar, elle ne trouve plus son porte-monnaie et Mikio lui fait remarquer quâelle avait dû lâoublier sur lâarbre. Elle y retourne en vitesse pendant quâils sâinstallent, mais en arrivant elle aperçoit Kakashi qui était toujours là , son livre à la main mais lâair perdu dans ses pensées. Elle lui reproche alors dâun air vexé de ne pas être venu et dâêtre resté ici, car dans tous les cas il nâétait pas rentré. Elle se met à chercher son porte-monnaie, tombant sans arrêt de sa poche trouée, jusquâà ce quâil annonce.
- Il y a plein de déchets ici, je ne lâai pas trouvé pourtant en nettoyant lâarbre.
- Déchets ? sâétonne-t-elle.
Elle remarqué à côté de lui des papiers froissés, le Daruma en morceaux et la broderie déchirée de sa mère et se précipite dessus, furieuse. Elle ramasse ses affaires et les remet dans lâarbre et il la regarde faire, perdu.
- Câest pas des déchets ! crie-t-elle. Imbécile... Câest à moi ! lance-t-elle sèchement. Et puis va-tâen dâici, câest mon arbre ! Si tu restes pour jeter mes affaires tâas rien à faire ici !
- Tes affaires ? Excuse-moi, je ne savais pas, dit-il gêné.
- Câest la broderie de ma mère et un portrait de mon p- Occupe-toi de tes affaires ! sâaffole-t-elle.
Les larmes aux yeux en pensant que ses affaires si chères à son cÅur auraient pu disparaitre à jamais, Tsukinoko les cache autant quâelle peut dans lâarbre.
- Ces affaires appartenaient à tes parents ? demande-t-il enfin.
- Oui, dit-elle doucement en le regardant du coin de lâÅil. Quand je suis arrivée à Hanamaru câest ici que jâai passé des mois seule, jâai décidé dâen faire mon endroit rien quâà moi. Mon échappatoire, mon jardin secret. Alors Boss, ne touche à rien. Je laisse que mes amis venir, sourit-elle.
- Je vais mâen aller alors. Pardon, je ne voulais pas te manquer de respect.
Il se relève et sâapprête à descendre mais elle sâétonne quâil sâen aille maintenant, avant de réaliser le quiproquo, vu sa réponse.
Elle peste davantage car son porte-monnaie est introuvable, avant de sâen aller en clamant seule quâelle aura des verres gratuits grâce aux hommes au bar, vraisemblablement sous son charme selon les dire de Hina. Kakashi grimace, avant de partir à son tour.
De retour avec ses amis, la bande sâamuse, danse et discute, puis Tsukinoko part danser avec Mikio et Maï, loin de la foule entre le bar et leurs amis. Alors qu'elle se remet à danser, elle sent quelqu'un lui attraper la main pour ensuite la faire tournoyer sur elle-même. Elle ne dit rien en pensant qu'il s'agit de Mikio, et tournoie jusque dans ses bras.
Elle se retrouve nez à nez avec un inconnu qui la regarde d'un air douteux en haussant les sourcils. Elle grimace et se dégage de ses bras mais il reste à côté et elle l'ignore alors. Mikio et Maï finissent par retourner à table en lâappelant, et alors qu'elle les suit on l'attrape encore par le bras et elle se retrouve collée contre l'homme qui entame une valse avec elle. Elle le repousse en cherchant des yeux Hina pour l'appeler à l'aide mais la voit discuter avec Ren dâun air bête.
Elle s'enfuit alors que l'homme allait la saluer, pour ne pas faire une scène qui gâcherait la soirée, encore. Les nombreuses tentatives de ses prétendants se soldaient par des échecs leur valant des insultes et des bleus lorsquâils insistaient de trop, offerts gracieusement par Tsukinoko. Elle commande un cocktail mais une voix s'exclame juste à côté d'elle.
- Laissez-moi vous l'offrir.
Elle se retourne et grimace, ce nâétait autre que l'homme collant et obscène.
- Ma copine me lâa déjà payé, répond-elle hautainement.
Il rit nerveusement et se gratte la tête en cherchant une autre approche, vexé et maladroit.
- Pardon, vous êtes tellement belle que j'en perds mes mots, s'écrie-t-il avec un sourire en coin.
- Ah ? Merci, répond-elle indifférente. Mais non merci, je suis là avec mes amis ce soir, bonne soirée.
Tsukinoko récupère son verre et tourne les talons mais il la retient en lui barrant la route avec sa main.
- Attendez, pourquoi êtes-vous si pressée ? Faisons connaissance.
- Mes amis m'attendent, dit-elle en pointant du doigt leur table.
- Ils peuvent encore attendre un peu, sourit-il. Accepteriez-vous de trinquer avec moi ?
- Nan. Dégage, je dois y aller.
- Je ne vous embête que pour un verre, insiste-t-il avec un air dragueur.
- Nan, tu m'embêtes depuis taleur, s'agace-t-elle.
- Vous êtes bien effrontée pour refuser les avances d'un homme de la sorte, se vexe-t-il encore.
- Quoi ?! Et toi tu me pompes lâair ! crie-t-elle.
Elle se mord les lèvres en essayant de ne pas s'énerver alors que l'homme insiste, mais il s'arrête alors que quelqu'un les avait rejoints.
Kakashi, son brassard au bras et en tenue de soldat, le regarde un instant avant de se tourner vers Tsukinoko, soulagée de le voir malgré le quiproquo plus tôt.
- Tout va bien ? lui demande-t-il.
- Non il-
- Oui, la coupe l'homme, merci. Nous discutons simplement entre amis.
Tsukinoko grimace mais l'homme, pensant que Kakashi n'était qu'un inconnu venu lui piquer sa conquête, sâavance pour prendre Tsukinoko par la taille afin de marquer son territoire. Mais à peine tend-il le bras que Kakashi lui tord les doigts d'une main et lance avec désinvolture.
- Ce n'est pas en harcèlement une femme qu'on la séduit. Elle a déjà refusé plusieurs fois.
- Aïe ! s'agace-t-il. Je ne la harcèle pas, n'est-ce pas Mademoiselle ?
- Berk, grimace-t-elle.
- Et si tu la laissais tranquille ? insiste-t-il sans le lâcher.
Lâhomme essaye de lui tenir tête mais finit par crouler sous la pression et se tord de douleur, les doigts écrasés. Il le lâche enfin et l'homme peste dans sa barbe en fuyant leurs regards, avant de tourner les talons.
Tsukinoko sourit, comme invincible avec son chevalier servant. Elle se retourne vers Kakashi avec des étoiles plein les yeux, avant de se rappeler le quiproquo et de le rassurer mais il nie dâun air gêné, ne faisant que son devoir.
Après deux jours sans repos à la suite dâune mission, Tsukinoko repasse à lâAcadémie avec Kô et Kakashi pour remettre leur rapport. Alors quâils sâen vont, elle sâavance vers Haruo et sort son plus grand sourire.
- JÄ«jÄ« ! Jâai peaufiné ma technique, tu dois venir la voir et la valider !
- Je suis occupé Tsukinoko, je peux demander à Shikaru de-
- Encore ?! Ãa prendra que cinq minutes putain ! sâagace-t-elle.
- Une autre fois. Ou tiens, Kakashi peut voir tes progrès aussi sinon, dit-il en le pointant debout dans le porte.
- Fais chier... Laisse tomber ! crie-t-elle en disparaissant.
Enervée, elle repasse chez elle se changer puis va au terrain dâentraînement reprendre ses efforts. En fin de journée, Shikaru et Kakashi viennent la voir sur ordres de Haruo mais elle les envoie bouler.
Shikaru ne se fait pas prier pour partir devant son courroux tandis que Kakashi reste de marbre alors quâelle lui ordonne de partir.
- Comme tu voudras. Tu devrais comprendre que le Chef est occupé, il ne peut pas-
- Je sais ! râle-t-elle. Je suis son élève je te rappelle ! Câest pas lui le problème. Dâailleurs pourquoi tâacceptes toujours, je croyais que tâavais mieux à faire que de traîner avec moi, non ?
- Câest mon travail.
Elle se vexe de plus belle, et ramasse ses affaires pour partir. Il lève un sourcil en voyant ses mouvements brusques, penaud.
- Et en tant que chef câest mon devoir aussi de tâaider.
- Putain, « ton devoir, ton travail », tu sais faire que ça ! Si tu supportes pas de rester plus de cinq minutes avec moi tâas quâà décliner tes missions, tu rendras service à tout le monde !
- Quoi ? Lâannée dernière tu me suppliais pour tâaccompagner en entraînement, et maintenant tu-
- Ouais, parce que jâai compris que tâen as rien à foutre ! crie-t-elle vexée. Je te demandais ça en tant quâamie, pour quâon se rende service, quâon passe du temps ensemble, mais avec toi câest toujours « une mission », mime-t-elle avec insolence.
- Je suis ton chef, et tu es ma subordonnée, je ne comprends pas pourquoi-
- Te fatigues pas Boss, lance-t-elle en lui tournant le dos. Jâessaye juste dâêtre gentille, parce que tâes tout le temps seul et déprimé, mais je suis pas la bonne personne pour tâaider.
Il la regarde partir une seconde puis lance derrière elle.
- Ce nâétait pas le but de te faire de la peine, mais au cas où tu avais mal compris, je ne tâai rien demandé.
Ne sachant pas sur le coup si elle était blessée ou hors de ses gonds, elle serre les poings pour se calmer, furieuse. Ãtait-il si naïf, le faisait-il exprès, pourquoi était-il si distant ?
- Jâai compris. Jâaurais juste espéré tâaider, câest tout, dit-elle calmement.
- Tu n'es pas obligée de vouloir sauver chaque personne que tu croises Tsukinoko, dit-il en croisant les bras. Tu perds ton temps plus qu'autre chose, et la plupart ne peuvent pas être sauvées. Je me concentre pour faire mon travail en tant que Soldat, et c'est tout. Tu devrais faire pareil au lieu de prendre le travail autant à cÅur, tu risques de-
Elle avait brusquement fait émaner son aura pour ressentir ses émotions, éberluée par ses paroles. Elle ne sentait pas de méchanceté ni dâarrogance, pourtant il était serein et pensait chacune de ses paroles. Elle décide dâessayer une dernière fois, attristée.
- J'étais comme toi avant tu sais. Je voulais juste que tu puisses aussi trouver ton équilibre, arrêter de broyer du noir en permanence. Personne mérite ça, soupire-t-elle. Pourquoi tu rejettes tes amis ? Tu ne vois pas tous les efforts qu'on fait pour toi ? Ce nâest pas parce quâils ne sont plus là que tu dois rester seul, ça mâétonnerait quâils soient contents que tu passes ton temps dans ton coin.
Il se sent mal mais essaye de se justifier alors quâelle soutient son regard, après avoir calmée son aura.
- J'ai commis des erreurs dans ma vie que je ne pourrais jamais oublier, répond-il. C'étaient mes amis et je les ai laissés tomber à cause de mon comportement. Je ne peux pas juste tirer un trait dessus parce que d'autres veulent que je le fasse, ce n'est pas aussi simple.
- Personne ne te demande de tirer un trait dessus, s'agace-t-elle. Juste que... Je te demande rien Boss. Je cache ma tristesse par la colère, mais j'ai réussi à contenir ma culpabilité pour qu'elle ne me perdre pas, et toi ça fait des années que tu te laisses guider par elle.
- Ta culpabilité n'est pas celle qui a causé leur mort, dit-il en fronçant les sourcils. Tu nâas aucune idée-
- Tu ne sais rien de ma culpabilité alors abstiens-toi, réplique-t-elle sèchement. Tâes vraiment prétentieux, à croire que tu sais tout. Tu pourras dire à Haruo qu'il m'appelle lorsqu'il a du temps pour voir ma technique. Je prends ma journée demain, impose-t-elle.
Elle disparaît avant de sâemporter. Les paroles de Kakashi résonnent dans sa tête, comme si sa peine à elle nâétait pas valide.
Au Mémorial de Hanamaru, devant la pierre commémorative, Tsukinoko sâagenouille quelques minutes pour méditer sur Kakashi et ses parents. Sans savoir pourquoi elle sâentêtait autant avec lui, même si elle le savait au fond du trou, perdu.
Lâaider, câétait la raison qui lui venait en tête, se persuadant que ce nâétait que cela. Elle sâaccoude sur le Mémorial et pose la tête sur ses bras croisés, mais finit par sâendormir tard dans la nuit.
Le lendemain, à lâaube, Kakashi était venu se recueillir comme dâhabitude mais il tombe sur Tsukinoko, endormie sur la pierre. Il nâose pas la réveiller pas et cogite dans son coin, mais il remarque au bout dâun moment quâelle pleurait dans son sommeil.
Leur discussion houleuse de la veille lui revient en tête, et il sâinterroge. Il avait été franc pour quâelle abandonne ses idées et ne s'attache pas à lui, mais il avait seulement réussi à la blesser, ne sachant comment sây prendre.
Un oiseau vient se poser à côté de la tête de Tsukinoko pour célébrer le lever du jour, et elle se réveille doucement, avant de réaliser avec dépit quâelle avait dormi dehors. Elle s'étire dans son coin puis voit Kakashi du coin de l'Åil et sursaute.
- Tu ne devrais pas dormir dehors en cette saison, tu risques de tomber malade, dit-il doucement. Ou tu aurais dû tâallumer un feu et-
- Qu'est-ce que tu veux à la fin ? s'agace-t-elle en se relevant.
- Je... Pardon pour hier, dit-il en fuyant son regard. Je n'aurais pas dû te parler comme ça, tu avais l'air d'être contrariée.
- Tu voulais pas être méchant mais tu pensais ce que tu disais. Ãa sert à rien de mentir. Je suis peut-être puérile, irresponsable, mais je suis pas stupide.
Il reste penaud et ne sait pas quoi dire mais se reprend pour régler les choses.
- Tu sais, ça ne t'apportera rien de t'entêter. Il faut que tu le comprennes. On est là pour travailler et c'est tout.
- Et toi que tu comprennes que les mêmes erreurs ne se répètent pas sans cesse. Arrête d'avoir peur et de croire que tu ne seras plus jamais à la hauteur, pour personne.
Il a lâair surpris et la dévisage longuement mais elle se plante juste devant lui, les bras croisés et lui tient tête, malgré quâelle nâatteigne pas ses yeux.
- T'as beau te cacher derrière ton masque et ton brassard, derrière tes cheveux dâépouvantail, je sais ce que tu ressens, au fond de toi.
- Comment ? s'écrie-t-il en haussant les sourcils.
- C'est mon métier, dit-elle sèchement. Je sais ce que tu ressens, surtout parce que je ressens les mêmes sentiments désagréables que toi tous les jours, dit-elle doucement en se calmant. T'es le seul à te mettre des barrières aujourd'hui, à croire que toute issue est fatale. On a tous commis des erreurs, pourtant on est tous debout. Je dis pas que tu dois faire pareil, ou que tu peux faire pareil, mais il faut juste que tu acceptes la vérité.
- La vérité ?
- Je voulais simplement être une amie pour toi, mais j'ai l'impression de trop en demander.
Elle sâen va, le laissant là , muet. Il se contente de fixer le sol, perturbé.
Alors que Tsukinoko finit son assiette, au calme chez elle, on toque à la porte-fenêtre. Elle tombe sur le petit Midareta avec son grand sourire espiègle.
- Grande sÅur ! Je tâai cherchée tout le matin et après jâai demandé au vieux Chef quand je lâai vu à lâAcadémie et il mâa dit que tu travaillais pas aujourdâhui alors je suis parti te chercher je suis allé voir à ton arbre et jâai vu quelquâun dans les branches je pensais câétait toi putain ! Alors jâai grimpé dans lâarbre, jâai réussi à monter ! Mais en fait câétait un monsieur avec des cheveux gris, il est bizarre il a un masque sur la bouche je lui ai demandé pourquoi il avait un masque il mâa demandé pourquoi jâétais là , alors jâai dit câétait ton arbre putain, jâai dit pourquoi il est là lui alors ! Mais il mâa redemandé pourquoi moi jâétais là et jâai dit que je te cherchais et du coup il mâa dit où tu habitais. On va sâentraîner aujourdâhui ? crie-t-il avec ses shurikens en bois.
Elle assimile tout ce quâil vient de déblatérer en quelques secondes. Il baisse lentement les bras, son sourire sâeffaçant petit à petit alors quâelle était retournée à lâintérieur. Elle ressort enfin, deux sacoches sur les hanches, habillée dâun short noir, un haut bleu pâle à manches longues et sa veste de soldat par-dessus, ses chaussettes noires tirées jusquâaux cuisses et ses cheveux attachés. Elle enfile ses mitaines mais Midareta lui saute au cou en rigolant, ravi, et elle le fait glisser sur son dos avant dâêtre étouffée par son étreinte. Ils sâen vont tous les deux dans le bois pour sâentraîner, Tsukinoko ayant deviné que Kakashi avait finalement décidé de lui ouvrir une porte en squattant son refuge.
----------------------------------------
[1] La technique du Dragon de foudre
Comments(0)
Join the discussion — sign in to leave a comment
Sign In to CommentNo comments yet. Be the first to share your thoughts!