2/11/2022-J-18
Je me réveillai difficilement, un mal de crâne à tout casser et au chaud.
En regardant autour de moi, je vis que j'étais dans une infirmerie. Je tentai de me relever, mais une douleur à l'abdomen m'en empêcha. Qu'est-ce qui se passait? Est-ce qu'hier n'était qu'un cauchemar et qu'on m'avait amenée à l'hôpital ? Non. Il y avait un problème... Je touchai mon front et constatai qu'un bandage entourait mon crâne. J'étais bien tombée sur la tête.
Mais alors... Papa? Et Lucas et Crystal? Et Sekhmet ? Comment allaient-ils ? Où est-ce qu'ils étaient ? Et la meute? Mickaël les avait-il massacré en n'ayant pas pu m'attraper? Tout était de ma faute. Encore.
Ma faute
Ma faute
Ma faute.
Mon cÅur s'accélérait à mesure que la crise et le désespoir s'emparaient de mon esprit. Une machine se mit à biper à côté de moi, mais tellement distante que je ne l'entendais pas.
Tout cela arrivait à cause de moi, n'est-ce pas? à cause de cette histoire de Mater Lupa...
Deux hommes firent irruption dans la pièce, un blond et un brun foncé... Non, noir.
Le blond approcha plus vite que le deuxième, mais mon cÅur ne fit que s'emballer un peu plus. Mickaël. Il avait les mêmes cheveux que Mickaël. Est-ce que finalement je n'avais pas réussi à lui échapper ? Est-ce que c'était lui? Est-ce que tout ça n'avait servi à rien ?
La machine bipa plus fort, les deux hommes se disputèrent. Tout était flou, tout était incertain. Finalement, celui aux cheveux noirs s'approcha rapidement du lit et m'attrapa la main.
- ... Lette. Violette, calme toi!
Je sursautais à cause du contact soudain et parce que je reconnus la voix qui m'appelait. Lentement, je redescendis sur terre et le monde redevint clair. Amarok. C'était Amarok en face de moi. Il s'assit sur le lit.
Soulagée, les larmes se mirent à couler, comme si mon corps relâchait soudain toute la pression de la veille. D'ailleurs était-ce vraiment la veille ?
Il me regardait, inquiet. Je laissai ma tête tomber sur son épaule et il passa la main dans mon dos.
Je finis par me détendre au bout d'une ou deux minutes à pleurer.
- Violette. Relève la tête et regarde le.
Je me figeai. Ãtait-ce vraiment Mickaël finalement ? Mais si oui, qu'est-ce qu'il faisait là ?
Doucement, terrifiée, je relevai la tête et observai l'homme qui accompagnait Amarok.
Blond, grand, fin, yeux bruns, longue blouse blanche...
à part les cheveux, il n'avait rien à voir avec Mickaël. Et il paraissait plus vieux aussi. Je soupirai de soulagement et reposai ma tête sur le mur derrière moi.
- Bien, maintenant que j'ai été identifié, je peux approcher? me taquina le médecin.
Je rougis et hochai la tête.
- Violette, je te présente Alexandre, le médecin de notre meute.
- Meute? On est... Dans ta meute ?
- Oui, me répondit-il. Hier... Hier la tienne s'est faite attaquée. Ta famille va bien et de ce que j'en sais il y a quelques blessés mais personne n'est mort. Nous t'avons ramenée ici pour ta sécurité. Ta belle-mère t'a envoyée droit sur notre territoire et elle a bien fait je pense.
- Ton territoire ? Je n'ai pas pu aller aussi loin, marmonnai-je.
Alexandre se racla la gorge. Amarok lui envoya un regard noir.
- Désolé de vous interrompre tous les deux, mais il faut vraiment que je m'occupe de Violette. Amarok, tu peux nous laisser.
Le garçon grogna.
- Amarok? l'interpellai-je timidement.
- Oui?
Il était devenu plus doux... Enfin il ne m'envoyait pas de regard assassin. Il était neutre.
- Tu veux bien nous laisser? Tu pourras revenir juste après, non?
Ses yeux se perdirent dans le vide pendant qu'il réfléchissait. Il soupira et se leva de mon lit.
- D'accord . Mais il faut vraiment qu'on parle, ne l'oublie pas.
Alors qu'il avançait vers Alexandre, il le regarda dans les yeux et celui-ci se mit à rigoler.
- Mais non mais non, je ne vais rien lui faire .
Je ne savais pas pourquoi, mais j'avais envie de rire aussi. Un gloussement m'échappa ce qui fit que les deux hommes me fixèrent soudainement. Amarok écarquilla les yeux et Alexandre rit de plus belle... Ce qui me donna envie de rire aussi.
Je me plaquai la main sur la bouche en voyant l'expression du brun, mais ne pus plus me retenir en entendant le blond s'esclaffer. J'avais moi même un sentiment d'allégresse particulier... Non plus que ça, ce sentiment de satisfaction lorsqu'un supérieur, professeur ou patron, se trouvait dans une situation ridicule. Mais d'où est-ce que je ressentais ça?
La soudaine réalisation que je n'avais aucune raison de rire me fit me calmer presque immédiatement.
- Bien! conclut le médecin. Après cette parenthèse hilarante, je t'invite à sortir et toi, dit-il en me regardant, à t'allonger.
Amarok s'exécuta en envoyant un dernier regard d'avertissement à Alexandre, puis je fis de même.
- Maintenant que nous sommes seuls... Comment tu te sens?
- Moyen, avouai-je. Je suis inquiète pour ma famille, j'ai l'impression que ma tête va exploser et mon torse me fait mal.
- Et ta cheville?
C'est vrai que je m'étais foulée la cheville hier. Mais elle ne me faisait absolument pas souffrir.
- Non, fis-je quelque peu étonnée. Je ne sens plus rien.
- Intéressant. Tu veux bien que je regarde?
Je hochai la tête. Après tout, je n'avais pas trop le choix.
Il souleva la couverture et examina ma cheville. Je pus voir qu'on l'avait bandée et coincée dans une attelle pour être sûr que je ne force pas dessus. Alexandre retira le bandage, puis observa et tâta ma cheville en me demandant si j'avais mal, mais je ne ressentais aucune douleur.
- Tant mieux, conclut-il. Ãa veut dire que tes capacités de guérison évoluent vite. Par contre, je suis moins optimiste pour tes côtes et ta tête.
- Mes côtes ?
- Oui. Tu as dû te froisser une côte quand tu es tombée hier. Tu ne t'en souviens pas?
- Non... Je crois que j'avais trop mal à la tête pour m'en rendre compte.
- Je vois.
Il me palpa les côtes et me confirma que j'avais réussi à m'en froisser une, certainement grâce au frisson de douleur et au petit cri que je poussai, puis changea mon bandage, d'abord au torse, puis à la tête. J'aurais pu être gênée qu'Alexandre me voie à moitié nue, mais il était tellement professionnel et calme que ça n'arriva pas. Dès qu'il eût fini le reste du check-up et déclaré qu'après m'être remise de mes blessures, dans quelques heures ou jours dépendant de ma vitesse de guérison, je serai parfaitement en mesure de gambader comme bon me semblait, la porte de l'infirmerie s'ouvrit pour laisser passer Amarok.
- Comment tu vas?
- Ãa va, le rassurai-je.
- Très bien. Ãcoute il faut qu'on discute de-
- Discuter de rien du tout, l'interrompit Alexandre. Elle a besoin de repos, alors elle a interdiction de parler ! Et TU as interdiction de rentrer dans l'infirmerie jusqu'Ã ce que je t'y autorise, ajouta-t-il en pointant Amarok du doigt.
- Mais je -
- Pas de mais jeune homme! Hors d'ici, laisse la patiente se reposer. Le temps qu'elle reste à l'infirmerie, j'ai tous les droits la concernant. On verra quand elle sera dehors.
Amarok tenta d'argumenter pendant encore une minute ou deux, mais Alexandre le ficha à la porte par la force. Il me lança un dernier sourire amical avant de rejoindre le brun, dont je pus entendre les violentes protestations jusqu'à sombrer dans un sommeil profond encore une fois.
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Retour sur un chapitre un peu plus calme. Comme toujours je suis ouverte aux avisð. Ici l'autrice qui a commencé ses examens ce matin (ben voyons ;-; , pas une semaine de calme avant juillet)
Bisous tout le monde <3
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