Chapter 16 of 30

15.

La gueule du loup: L'appel De La Lune2,823 words~15 min read

10/11/2022-J-10

Cela faisait 5 jours depuis que Rick m'avait placée sous la protection directe d'Amarok. Celui-ci prenait sa tâche très à cœur et ne me lâchait pas d'une semelle, à part pour aller dormir- et encore, je le soupçonnais de venir me rendre visite la nuit, car la porte était mal fermée quand je me réveillais. Sam aimait beaucoup nous charrier, notamment en faisant remarquer qu'il devait être difficile pour les autres de nous différencier tant nos odeurs étaient emmêlées. Ça ne semblait cependant pas gêner Amarok et ses amis n'avaient jamais fait la moindre remarque.

Je passais beaucoup de temps à m'entraîner avec Alec et Apollon, dont j'avais appris qu'ils avaient en fait juré fidélité à Amarok et pas à son père, ce qui faisait d'eux ses bêtas et non ceux de Rick. À presque 17 ans, ça imposait un peu de respect quand même.

Nous étions restés de longues heures dans son bureau, qui était de l'autre côté du couloir où étaient nos chambres, lui à signer des papiers et moi à lire des histoires sur les loups-garous et autres créatures fantastiques dont j'avais appris l'existence. Il m'avait expliqué qu'il avait beaucoup de travail car son père se reposait un peu sur lui, puisqu'ils avaient bien plus de travail que d'habitude, notamment à cause des tensions qui s'accroissaient entre meutes, principalement car aucune Mater Lupa ne s'était montrée depuis plus d'un siècle. Certaines meutes alliées de celle des Smith entraient en conflit avec d'autres qui voulaient prendre le pouvoir par la force, sans l'aide de la Mater Lupa. La meute au pouvoir actuellement tentait tant bien que mal de contenir les tensions, mais c'était très compliqué d'avoir un impact mondial. Alors ils déléguaient depuis l'Europe où ils étaient et la meute Smith était en charge d'une partie de l'Amérique.

Pour ma part, j'avais enfin pu appeler mon père et m'assurer qu'ils allaient tous bien. Apparemment la meute où ils avaient fui s'était établie dans le désert, en souterrain, ce qui faisait que les grandes cavernes étaient plus qu'assez pour accueillir toute notre meute. Dire que je n'avais même pas eu le temps de les rencontrer...

Oh bien-sûr, il y en avait qu'y étaient venus dire bonjour par-dessus la haie du jardin lors des entraînements, mais je dois avouer que j'étais plus crevée qu'autre chose dans ces moments là et que donc j'avais eu grand peine à retenir le nom de ceux qui se présentaient.

Ici, Amarok m'avait lui-même emmenée à travers le village, laissant les enfants et les adultes me rencontrer. Il n'avait pas dit qui j'étais, mais les gens semblaient naturellement au courant.

Les histoires que je lisais me faisaient un peu peur, je dois l'avouer, mais Rick me rassurait en précisant que c'étaient là de vieilles légendes, basées sur de vieux faits et coutumes qui n'arrivaient plus, ou si peu. Ce qui me rassurait moins, c'est que lorsqu'il le disait, Chris avait un sourire en coin à vous glacer le sang.

À propos, de ce que j'en avais compris: à peu près tous les mythes sur les vampires étaient faux. J'en discutais avec lui au repas, qu'il prenait avec nous sans problème. Les vampires, si il était vrai qu'ils avaient une préférence pour le sang -pas forcément humain-, pouvaient manger de tout, bien que cela ne les rassasient pas vraiment.Il ne brûlaient pas non plus au soleil, cela venait d'une déformation humaine du fait que les vampires étaient des chasseurs nocturnes. Cela dit, leur peau était tout de même peu habituée au soleil, et leurs coups de soleil impressionnant et douloureux.

Chris m'aidait parfois dans mes recherches, après tout c'était le mieux placé puisqu'il avait vécu bien plus longtemps que n'importe lequel d'entre nous, mais les soirées que je passais avec lui avaient le don d'exaspérer Amarok, qui se plaignait alors que je ne dormais pas assez et que soit disant ça me rendait plus chiante...Ce qui n'était pas tout à fait faux en fait, mais surtout parce que lui-même, pour une raison qui m'échappait, râlait en continu ces matins là et que ça me tapait sur le système.

Ces quelques jours m'avaient d'ailleurs permis d'analyser un peu mieux le brun. Il était plus colérique que je ne le pensais, mais pas impulsif. Par contre, il n'avait aucune patience pour son cousin ou sa sœur. Celle-ci s'était révélée être une alliée précieuse dans cette maison remplie d'hommes, mais il m'apparut également au cours de nos discussions que je m'étais totalement trompée sur elle et ses intentions lors de cette période un peu bizarre ou Mickaël se rapprochait de moi. Elle passait souvent dans le bureau d'Amarok, principalement pour l'énerver et aussi, un peu, pour me tenir compagnie.

D'ailleurs en parlant du loup...

- Salut les inséparables !

Amarok grogna et laissa sa tête retomber sur son bureau où étaient étalés des papiers à signer, des rapports d'autres meutes et d'autres choses en rapport avec la gestion du village. Je ris doucement en secouant la tête. Sam nous avait rebaptisés ainsi dès le moment où elle avait appris que son père nous avait collés ensemble. Au début, ça me gênait de l'entendre nous appeler ainsi, mais maintenant je m'y étais habituée.

- Sam, je t'ai déjà demandé d'arrêter de rentrer dans ce bureau comme dans un moulin, grogna-t-il le front collé au bureau.

- Cher frère, vous n'êtes pas drôle. Le railla-t-elle. Tu as des nouvelles de Bluebird?

Il nia de la tête. Depuis trois jours, personne n'avait vu Mickaël au lycée et il était introuvable dans les endroits où il avait l'habitude de se réfugier, comme s'il s'était tout bonnement volatilisé. Amarok et quelques autres meutes sous sa direction avaient envoyé leurs meilleurs pisteurs pour tenter de le retrouver, mais il n'y avait pour l'instant pas de résultats.

- Pas la moindre.

Sam m'envoya un regard désolé. D'après elle, il se cachait pour mieux revenir et Amarok ne niait pas. Il était donc très possible qu'il réapparaisse au pire moment.

Elle soupira et vint s'affaler à côté de moi dans le canapé.

- Qu'est-ce que tu lis ma belle?

- Je... Je me renseigne sur Diane, l'informai-je en lui montrant la couverture du livre.

- "Mythes et légendes de la Grèce Antique"? Tu travailles dur !

Je hochai la tête. Elle resta avec moi jusqu'à la fin de la soirée, à discuter des différentes versions des mythes qui entouraient la déesse de la lune et de la chasse. Dans le livre, on l'appelait Artémis, mais Amarok m'avait certifié qu'il s'agissait de la même personne.

Lorsque l'heure fût venue, Chris nous appela depuis en bas pour nous prévenir que le repas était prêt. D'après ce que j'avais compris, c'était Chris qui gérait les repas et lorsqu'il n'était pas là, Samantha s'en occupait. Je lui avais demandé, il y a deux jours, si Amarok ne pouvait pas s'en charger, ou son père, mais elle m'avait répondu entre deux crises de rire qu'ils étaient interdits de cuisine pour incompétence avant de se faire presque tuer par un stylo lancé par son frère. Elle s'était alors enfuie en courant en me laissant seule avec la bête enragée.

La conversation à table était simple et détendue. Rick paraissait fatigué, comme d'habitude, Sam lançait des piques à son frère, qui répondait, globalement, qu'elle pouvait faire sa prière et Chris et moi assistions à la joute en silence. Ça faisait bizarre d'ailleurs, car Chris était techniquement en train de petit-déjeuner. Sam m'avait expliqué qu'il ne buvait jamais de sang quand il venait au village, car l'odeur aurait alarmé les plus jeunes loups et fortement dérangé le reste des plus vieux, mais qu'il partait régulièrement pour se nourrir dans les montagnes.

Je montai me coucher en prévenant Chris que je voulais parler avec lui le lendemain soir. Il acquiesça en souriant tandis que la dispute entre le frère et la sœur prenait de l'ampleur.

Une vingtaine de minutes plus tard, Sam me rejoignait en pyjama.

- Bon! Puisque nous en sommes là, il est temps de te mettre en pyjama, on fait une soirée filles, j'en rêve depuis que tu es arrivée.

Je la regardai, circonspecte, pendant qu'elle sortait une trousse de derrière son dos. Cela semblait loin des moments de discussions avec Crystal.

- Euh... Tu peux définir "Soirée filles" s'il te plait ?

- Bah ... Soin du visage en parlant garçons et d'autres trucs. Alors, je sais que ça n'a pas l'air d'être ton truc en qu'en plus t'es déjà hyper canon, mais je te promets que c'est marrant. En plus je suis à moitié cloîtrée dans cette maison et l'autre moitié je suis au lycée, tu n'as donc pas le droit de refuser.

Je ris et acceptai sa proposition.

- Génial! s'extasia-t-elle en battant des mains. Au fait, comment ça se fait que tu ne saches pas ce qu'est une soirée filles?

- Et bien... On va dire que ma mère était très stricte.

Elle fronça les sourcils et finit par écarquiller les yeux.

- Tes bleus la dernière fois...

Je me frottai le bras, par réflexe j'imagine, et aussi par gêne.

- Amarok t'a raconté?

- Pas vraiment, souffla-t-elle. En vérité, je l'ai entendu défoncer à peu près tout dans sa chambre pendant qu'il s'énervait sur je ne sais quoi et il a évoqué votre passage à l'infirmerie. Je n'ai pas l'ouïe d'un loup-garou, mais je t'assure que je n'avais aucun mal à comprendre tant il criait fort.

- Oh...

Un silence gêné pesa pendant quelques secondes, puis sans que je m'y attende, Sam me prit dans ses bras.

- Tu es en sécurité avec nous maintenant. Tout va bien se passer.

Je lui rendis l'étreinte en retenant mes larmes alors qu'elle me serrait plus fort. Elle finit par se détacher, se rasseoir en face de moi et souffler un grand coup.

- Assez perdu de temps en larmes ma grande! Commençons à prendre soin de toi.

L'heure qui suivit fût remplie de masques, de crèmes et de lotions dont je n'avais aucune idée d'à quoi ils pouvaient bien servir, n'ayant qu'une connaissance assez basique des produits de beauté.

- Si tu veux mon avis, dit Sam pendant qu'elle m'appliquait du verni bleu ciel, la raison pour laquelle Mickaël t'a approchée au début, c'était purement pour ton physique.

- Ça m'étonnerait, soufflai-je. Je suis bien moins jolie que toi.

Elle me lança un regard peu convaincu.

- Tu es aussi, si pas plus, belle que moi. En plus crois moi, c'est pas la fidélité qui étouffe l'autre abruti. Donc, il t'a probablement approchée pour ton joli minois et puis il s'est dit qu'il avait touché le jackpot en comprenant qui tu étais.

-Au fait... Il y a une fois où... Où Jonah m'a fait une remarque comme quoi il ne fallait pas s'en prendre à ce qui ne vous appartient pas, ou quelque chose comme ça... J'ai toujours cru-

- Que je te l'avais envoyé? Jamais de la vie! Si tu veux mon avis, Mickaël te l'a envoyé dans l'espoir de pouvoir te sauver...

- Sans doute, gloussai-je en repensant à la scène, mais Amarok est arrivé avant.

- Bien fait pour lui, ricana ma nouvelle amie. Sinon, il y a un nouveau à l'école.

- Ah bon? Et ?

- Je sais pas trop... Il a l'air louche. Il est beaucoup trop proche de Mia à mon goût. Il l'a approchée quasiment le premier jour.

- Tu crois que c'est un loup?

- J'en sais rien, râla Sam en se concentrant sur mon index. J'ai pas votre odorat, perso à part mon sang je n'ai rien d'un loup-garou. Si j'ai un fils il deviendra un loup, mais ma fille sera dans la même situation que moi.

Son ton amer me fit tilter.

- Tu... Tu voulais l'être, pas vrai ?

- De quoi tu parles ? continua-t-elle sans me regarder.

- Tu voulais être la Mater Lupa.

Elle se figea. Elle sembla hésiter, puis soupira et reprit mes ongles. D'ailleurs elle était arrivée au bout.

- Voilà, maintenant ne bouge plus les doigts et laisse sécher... Oui, je voulais être une louve. Je... On pensait que ce serait moi en fait, mais le jour de mon anniversaire, il ne s'est rien passé. Et Amarok nous a informés de ton existence. On ne savait pas que les Blake avaient une descendante.

- De ce que j'ai compris, ris-je doucement, mon père est secret avec tout le monde.

- Oh, ce n'est pas le seul de ta meute. On vous surnomme les silencieux si tu veux savoir.

Nous nous regardâmes dans les yeux, laissant les secondes s'écouler en silence, puis nous explosâmes de rire sans pouvoir nous retenir.

Elle resta encore une trentaine de minutes près de moi, puis les lourds pas dans l'escalier indiquèrent qu'Amarok allait se coucher. Elle se leva donc, me dit bonne nuit et quitta la chambre. Elle ne voulait pas qu'Amarok entende notre conversation et le mur entre nos chambres était trop fin à son goût.

Le frère et la sœur se croisèrent à ma porte, s'envoyant l'un l'autre des regards assassins. Le brun resta à l'entrée de ma chambre pendant que je rangeais le bazar sur mon tapis. Par chance, nous avions eu la bonne idée de nous mettre au sol pour nos soins, histoire que je ne passe pas la nuit dans des draps à paillettes.

Il me regardait sans rien dire, suivant le moindre de mes mouvements.

-Oui? Finis-je par lui demander, un peu gênée.

Il hésita quelques secondes qui me parurent interminable, puis secoua la tête et me dit bonne nuit d'un signe de la main.

Je me couchai et fermai les yeux, épuisée.

- Dis bonjour Violette.

Je boudais. Je ne voulais pas voir ce garçon. Il boudait aussi d'ailleurs. Il ne voulait pas me voir non plus.

Son visage était flou, mais la voix de ma mère était claire. Où était papa?

Ah oui. Les histoires de grands. Papa n'était plus là.

Le rêve partit en fumée. Lorsqu'il revint à la normale,j'étais face à un homme. Face? Non, il était au-dessus de moi. Il me tenait les poignets au-dessus de la tête et son visage s'avançait vers mon cou. La seule chose que j'arrivais à distinguer dans le noir, c'était ses yeux dorés. Je n'avais pas peur, j'étais excitée. Dans l'obscurité, je sentais une présence. Une présence amie. Elle tournait autour de nous, comme pour nous protéger. Puis la panique me prit.

La présence avait disparu et l'homme au-dessus de moi était désormais ma mère. Ses deux mains étaient autour de mon cou et elle me criait des choses qui se perdaient dans un vacarme que je ne m'expliquais pas.

- ... Lette

Ses mains commencèrent à se resserrer autour de ma gorge et je pleurais, sentant ma mort approcher.

- ... Violette !

Pouvait-on vraiment mourir en rêve? Mais est-ce que j'étais sûre que c'en était un?

-Violette! Réveille toi!

Je me relevai en sursaut et en sueur, une migraine lancinante me perçant le crâne et les larmes inondant mes yeux .

- Hé, ça va?

Entre deux sanglots, je compris qu'Amarok était à côté de moi. C'était lui qui m'avait réveillée.

Je ne pouvais m'empêcher de pleurer. Il me prit dans ses bras et me berça comme une enfant, calmant mes sanglots en faisant des cercles avec son pouce dans mon dos et en me murmurant des mots de réconfort.

Je finis par me calmer au bout de longues minutes en prenant des respirations dans son t-shirt. Il sentait le sapin et le gel douche.

- Voilà, voilà...

- J'ai... J'ai fait un cauchemar...

- Je sais, me dit-il doucement. Je sais. Tu veux en parler?

Je niai contre son torse. Non, je ne voulais pas parler de ça. Pas maintenant.

- C'est pas grave. On ... On en parlera demain matin, d'accord ?

Je hochai la tête.

- Tu... Veux que je dorme avec toi?

- Non, dis-je lentement. Non, ça va aller.

Je ne voulais pas lui dire, mais la première partie de mon rêve me troublait pas mal aussi. Ça faisait trop d'émotions pour moi en une nuit.

Il embrassa mon front en me laissant dans mon lit.

- Je... Suis juste à côté si tu as besoin de moi .

Je hochai la tête et me recouchai lorsqu'il ferma la porte, en priant pour ne plus faire de cauchemar.

J'aurais dû demander à Amarok de rester avec moi. Cette nuit resterait une des pires de toute mon existence.

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Moi? Oublier de poster la semaine passée ? Naaaaaaaan.... Bon d'accord j'ai oublié... Mais j'avais mes raisons ! La semaine passée était épuisante d'abord ! Et j'ai réussi mes exams, j'ai eu ma procla, j'ai donc officiellement fini ma secondaire! C'est partit pour le niveau suivant, youpi ;-;.

Pour me faire pardonner je poste deux chapitres aujourd'hui donc... Bah le suivant suivra dans quelques instants, le temps que je corrige ^^'

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